
Si vous deviez retenir un seul fil rouge des réformes de 2026, ce serait celui-là : la formation devient modulaire, et le bloc de compétences en est la brique de base. Le contrat de professionnalisation peut désormais se conclure sur des blocs, le nouveau CDD de reconversion s'appuie dessus, et depuis le 11 juin 2026 vous devez les déclarer dans votre catalogue. Bref, ce qui était un concept réglementaire un peu abstrait devient le cœur de votre offre.
Faisons le point, simplement, sur ce qu'est un bloc, ce que dit la loi, et surtout ce que ça change pour votre CFA ou votre organisme de formation.
La définition est inscrite à l'article L. 6113-1 du Code du travail : les certifications professionnelles sont constituées de blocs de compétences, c'est-à-dire des ensembles homogènes et cohérents de compétences contribuant à l'exercice autonome d'une activité professionnelle, et pouvant être évaluées et validées.
Trois idées à retenir derrière cette formule :
💡 Idée numéro 1
Un bloc n'est pas un module de formation. C'est un ensemble de compétences évaluées et validées, pas un découpage de votre programme.
Votre ingénierie pédagogique peut donc être structurée différemment des blocs eux-mêmes.
💡 Idée numéro 2
Un bloc est capitalisable. Du point de vue de la personne, un bloc validé est acquis sans limite de durée, le certificateur pouvant toutefois faire évoluer sa certification dans le temps.
Concrètement, un apprenant ne repasse pas un bloc déjà obtenu.
💡 Idée numéro 3
Un bloc est rattaché à une certification. Il n'a pas de valeur « hors-sol » : il fait partie d'une certification enregistrée au RNCP.
C'est ce rattachement qui conditionne sa reconnaissance et son financement.
Ce n'est pas nouveau, mais ça s'accélère. La loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a rendu obligatoire la structuration en blocs de compétences pour toutes les certifications enregistrées au RNCP. Une certification qui ne serait pas découpée en blocs ne peut tout simplement pas y être inscrite.
L'objectif est double : permettre l'acquisition progressive des compétences (on valide un bloc, puis un autre) et favoriser la mobilité et la reconversion, puisqu'une personne peut viser seulement les blocs qui lui manquent pour changer de métier. C'est une logique d'employabilité, pensée pour s'adapter aux évolutions rapides des métiers.
C'est là que tout converge. Trois textes récents font du bloc de compétences le dénominateur commun de la formation.
Depuis la loi du 4 juin 2026, le contrat de professionnalisation peut viser un ou plusieurs blocs de compétences, au lieu d'une certification entière. C'est un changement de logique majeur : le contrat de professionnalisation devient un outil de montée en compétences ciblée, mobilisable pour combler un besoin précis d'un salarié ou d'une entreprise, sans imposer un cursus certifiant complet. Pour aller plus loin, voir notre comparatif apprentissage / professionnalisation.
Deux autres dispositifs confortent cette bascule :
Autrement dit, quel que soit le dispositif, le bloc est devenu l'unité de référence. Maîtriser cette logique, ce n'est plus optionnel.
Voici l'actualité la plus opérationnelle pour vous. Depuis le 11 juin 2026, les organismes de formation proposant une formation visant une certification RNCP peuvent, et devront, saisir dans EDOF la liste des blocs de compétences préparés par chaque offre. Une phase de mise à jour des catalogues court du 11 juin au 22 octobre 2026, avant l'ouverture complète des services fin octobre.
Concrètement, pour chaque offre certifiante, vous indiquez si elle prépare à la certification complète (tous les blocs) ou partielle (un ou plusieurs blocs seulement).
💡Point de vigilance
Dans EDOF, l'offre se déclare au niveau du bloc (jamais d'une fraction de bloc). Le bloc constitue donc l'unité de référence de votre catalogue certifiant, et c'est à cette granularité que se joue l'éligibilité au CPF : conformément à l'article L. 6323-6 du Code du travail, les actions visant la validation d'un ou plusieurs blocs sont finançables. (Source : portail EDOF, « Formations certifiantes RNCP : renseignez les blocs de compétences », of.moncompteformation.gouv.fr.)
L'intérêt de la manœuvre va au-delà de la conformité : une meilleure lisibilité de votre catalogue facilite les co-financements (Régions, OPCO, France Travail, entreprises) et sécurise le suivi de vos dossiers contractualisés.
La modularisation n'est pas qu'un sujet réglementaire : elle touche votre organisation au quotidien.
Vous devez :
➡ Pouvoir recomposer des parcours rapidement, en assemblant ou en isolant des blocs selon le projet de l'apprenant ou le besoin de l'entreprise.
➡ Tracer les acquis bloc par bloc, pour ne pas faire repasser à un apprenant un bloc déjà validé, et pour constituer des dossiers conformes en cas de contrôle.
➡ Maintenir votre catalogue à jour dans EDOF, en cohérence avec les fiches RNCP de France compétences, qui font foi sur la liste et les modalités d'évaluation des blocs.
➡ Fluidifier les échanges avec les OPCO et les financeurs, dont les décisions de prise en charge s'appuient de plus en plus sur cette granularité.
C'est précisément cette gestion fine (parcours modulaires, traçabilité des blocs, dossiers OPCO, catalogue conforme) qui devient un facteur de performance. Sans système d'information adapté, le volume administratif lié à la modularisation peut vite déborder les équipes.
Un bloc de compétences est un ensemble homogène et cohérent de compétences, contribuant à l'exercice autonome d'une activité professionnelle et pouvant être évaluées et validées (article L. 6113-1 du Code du travail). Toute certification enregistrée au RNCP est découpée en blocs. Trois caractéristiques le définissent : il est rattaché à une certification, il est capitalisable (acquis sans limite de durée), et il décrit des compétences à valider — pas un contenu de formation.
La certification est l'ensemble ; le bloc en est une partie homogène et autonome. Une formation peut préparer à la certification complète (tous les blocs) ou seulement à certains blocs (certification partielle). Un bloc n'a pas de valeur « hors-sol » : c'est son rattachement à une certification RNCP qui conditionne sa reconnaissance et son financement.
Pour la personne qui l'a obtenu, un bloc est acquis sans limite de durée : un apprenant ne repasse pas un bloc déjà validé. Le certificateur peut néanmoins faire évoluer sa certification dans le temps, ce qui peut modifier les blocs pour les futurs parcours.
Pas nécessairement. Le bloc décrit des compétences à évaluer et à valider, pas un contenu pédagogique. Votre ingénierie de formation peut donc être organisée différemment des blocs eux-mêmes — l'essentiel est qu'elle permette de valider les compétences attendues.
Oui, dès lors qu'il est rattaché à une certification inscrite au RNCP. Il est éligible au CPF (article L. 6323-6 du Code du travail) et mobilisable via l'apprentissage, le contrat de professionnalisation ou la période de reconversion. Attention : une offre portant sur une simple fraction de bloc n'est pas éligible au CPF — le bloc est l'unité minimale finançable.
Depuis le 11 juin 2026, pour chaque offre visant une certification RNCP, vous devez indiquer dans EDOF la liste des blocs de compétences préparés et préciser si l'offre vise la certification complète (tous les blocs) ou partielle (un ou plusieurs blocs). La liste des blocs provient automatiquement des fiches RNCP transmises par France compétences à la Caisse des dépôts.
La phase de mise à jour court du 11 juin au 22 octobre 2026. À partir du 22 octobre, seules les offres dont les blocs sont renseignés resteront visibles des apprenants sur Mon Compte Formation ; les autres seront retirées du moteur de recherche et ne recevront plus de demandes d'inscription via le CPF. Mieux vaut donc anticiper la saisie.
Parce que trois évolutions convergent vers cette même brique. Le contrat de professionnalisation peut viser un ou plusieurs blocs depuis le 6 juin 2026 (loi n° 2026-441 du 4 juin 2026) ; le CDD de reconversion et la période de reconversion, entrés en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026, s'appuient aussi sur les blocs ; et le CPF finance la validation de blocs (article L. 6323-6). Quel que soit le dispositif, le bloc est devenu l'unité de référence.
Oui. Depuis le 6 juin 2026, le contrat de professionnalisation peut porter sur un ou plusieurs blocs de compétences, sans viser la certification entière. De même, la période de reconversion et le CDD de reconversion permettent de cibler des blocs. C'est toute la logique de modularité : former sur une brique de compétences précise, calée sur le besoin de l'entreprise ou le projet de l'apprenant.


