

Créer une nouvelle formation par apprentissage n’a rien d’un simple alignement de modules et de volumes horaires. C’est un véritable projet stratégique, où se croisent besoins économiques, besoins sociaux, ambitions pédagogiques et exigences réglementaires. Un projet qui se prépare, se mesure, s’analyse… et qui, s’il est bien mené, peut devenir un formidable levier de développement pour un CFA, un territoire, et les entreprises qui y recrutent.
Que vous soyez un CFA déjà implanté ou une structure qui entre dans l’apprentissage, bonne nouvelle : il est tout à fait possible de partir de zéro – à condition de respecter une méthode solide.
Celle-ci repose sur trois grandes étapes :
• Collecte du besoin
• Étude d'opportunité
• Étude de faisabilité
Ce triptyque constitue une véritable rampe de lancement : il sécurise la pertinence du projet, sa cohérence avec les attentes du territoire et la capacité réelle de votre structure à le porter. Entrons dans le détail.
Créer une formation sans connaître son marché, c’est un peu comme ouvrir un salon de coiffure dans un désert capillaire. L’intuition ne suffit pas : il faut des données. Beaucoup de données. Et les bons outils. Cette étape comporte deux volets complémentaires :
Avant toute chose, il faut déterminer si le métier visé recrute, aujourd’hui… et demain.
Les données issues des enquêtes annuelles des besoins en main-d'œuvre, de France Travail ou encore des observatoires des OPCO offrent une vision précise du terrain : elles mettent en lumière le volume des projets de recrutement, les difficultés rencontrées par les entreprises, la répartition géographique des tensions et les secteurs ou bassins d’emploi particulièrement concernés. Ces chiffres sont cruciaux : ils déterminent si votre territoire présente un réel potentiel de placement pour vos futurs apprentis.
La datavisualisation des métiers à l’horizon 2030 offre une lecture claire des dynamiques à venir : elle permet d’anticiper le nombre de postes à pourvoir, d’identifier dans quelle mesure les départs en retraite et les mobilités devraient être compensés, d’évaluer si le volume de personnes formées était suffisant pour répondre aux besoins futurs, et de repérer les régions où la demande serait particulièrement forte. Cette vision permet de ne pas créer une formation qui répond seulement à un pic temporaire mais à une tendance durable.
En identifiant l’OPCO de la branche visée et en analysant ses données (volume d’entreprises adhérentes, nombre d’alternants, intentions de recrutement, caractéristiques des salariés, poids des micro-entreprises, dispositifs de formation mobilisés ou encore enjeux sectoriels liés aux transitions, à l’attractivité et aux métiers en tension) vous disposez d’une lecture approfondie du marché. Ces informations renforcent la compréhension de l’écosystème et sécurisent la pertinence de votre projet.
Les observatoires de l’OPCO donnent des indications précieuses :
• répartition géographique des alternants,
• évolution des recrutements,
• principaux métiers formés,
• poids du métier visé par rapport aux autres filières.
C’est un moyen efficace de valider la viabilité d’une nouvelle formation par apprentissage.
En consultant :
• les offres d’alternance en cours (La Bonne Alternance, France Travail),
• les postes ouverts dans la fonction publique (PASS, Emploi Territorial, FHF),
• les métiers en tension.
Vous obtenez une vision réaliste et actualisée du marché.
💡Notre conseil
Vous pouvez compléter cette analyse en adressant un questionnaire ciblé à vos entreprises partenaires. Avec notre logiciel de gestion, le ciblage et l’extraction des données entreprises à contacter sont simplifiés !
Créer une formation, ce n’est pas seulement répondre à un besoin des entreprises. C’est aussi savoir quelles formations existent déjà ? Y a-t-il des candidats potentiels ? Sont-ils à la recherche d’une formation plus adaptée au monde économique, plus proche géographiquement ou dont les modalités pédagogiques sont adaptées aux différents publics ? Y a-t-il des ruptures de parcours, des problèmes d’accès, des zones blanches ?
Pour cela, plusieurs sources permettent d’appréhender le vivier de candidats. Les missions locales, les acteurs de l’orientation mais aussi les statistiques nationales et locales (demandeurs d’emploi du secteur, statistiques PARCOURSUP…) ainsi que l’offre des opérateurs de formation du territoire (CFA, universités, grandes écoles, lycées professionnels…).
Cette analyse permet d’évaluer la capacité du territoire à fournir un vivier suffisant de candidats pour sécuriser les promotions à venir.
💡Notre conseil
de nombreuses données sont accessibles gratuitement sur différents portails officiels
✓ Une vision claire du marché de l’emploi
✓ Une analyse de la branche professionnelle
✓ Un repérage des employeurs potentiels
✓ Une compréhension du vivier d’apprenants
✓ Une évaluation du positionnement territorial
Une fois le besoin validé, il est temps de voir si votre projet a sa place dans l’écosystème local.
L’étude de concurrence repose sur plusieurs axes :
À l’aide des bases de données locales, vous pouvez dresser un panorama précis de l’offre existante : nombre de formations proposées, niveaux de qualification disponibles, certifications délivrées, équilibre entre établissements publics et privés, présence de CFA spécialisés ou multisectoriels, innovations pédagogiques déjà mises en place, ainsi que les taux de réussite, de rupture, d’insertion ou encore les indicateurs qualité. Cette analyse offre une vision solide du paysage local et éclaire vos choix stratégiques.
En consultant leurs sites et chiffres officiels vous pouvez savoir combien ont-ils d’apprentis ? Quels services apportent-ils (hébergement, accompagnement social, référents handicap, outils pédagogiques) ? Quelles sont leurs forces et leurs zones d’amélioration ?
Cela vous permet d’identifier votre zone bleue : un positionnement différenciant, utile, pertinent.
Selon les données récoltées, votre projet peut prendre différentes formes :
• une certification existante,
• une coloration (ex : spécialisation techniques avancées, environnement, gestion),
• une préformation pour sécuriser l’entrée en certification,
• une passerelle entre deux niveaux,
• une formation complémentaire répondant à un enjeu émergent de la branche.
L’essentiel est de cocher deux cases : répondre au besoin et éviter le doublon inutile s’il n’est pas sécurisé par une forte demande sociale.
💡Notre conseil
Votre base candidats, référencée sur notre logiciel de gestion, peut aussi vous permettre d’extraire et d’étudier les tendances de la demande sociale (secteurs ou formations les plus demandés, l’âge et le niveau moyens de vos candidats…).
Votre étude doit également mettre en évidence l’impact attendu : amélioration de la professionnalisation des apprenants, progression de leur insertion, montée en compétences des entreprises, contribution au développement économique local et cohérence avec les politiques publiques en matière de formation, d’emploi et d’attractivité.
Soyons éthiques pour un apprentissage de qualité : un bon projet est un projet utile, lisible et porteur d’effets concrets sur la compétence et l’emploi, pas seulement celui qui va générer de l’activité.
Votre offre doit être soutenable, ce qui implique :
• d’identifier le niveau de prise en charge OPCO selon le code IDCC,
• de connaître les niveaux de financement pour les employeurs publics (CNFPT, FPE, FPH),
• de calculer le coût contrat prévisionnel,
• d’estimer les besoins matériels et humains.
💡Notre conseil
Les NPEC sont régulièrement mis à jour sur notre logiciel de gestion afin que vos prévisions soient au plus près de la réalité.
✓ Une cartographie de la concurrence
✓ Un positionnement clair et argumenté
✓ Une analyse des impacts attendus
✓ Une vision du financement
C’est l’étape où le projet se transforme en réalité. Elle permet de vérifier si votre CFA a les moyens (humains, matériels, réglementaires, organisationnels) de créer et porter la formation.
Pour être dans les clous, il faut d’abord bien connaître les unités ou blocs de compétences qui composent la certification visée, identifier les modalités de formation, d’examens et de certification en apprentissage. Pour proposer une formation de qualité, il est nécessaire de comprendre les obligations d’un OF-CFA et prévoir l’organisation pédagogique en fonction des attentes du certificateur et des volumes horaires incompressibles.
Là encore la qualité doit primer sur les considérations financières : un projet de formation n’est pas fait pour être un « one shot » mais pour durer dans le temps et servir l’image de marque de votre CFA !
Cette analyse permet d’anticiper :
• la charge horaire par matière,
• les plateaux techniques nécessaires,
• les investissements à prévoir,
• les adaptations possibles de parcours,
• la planification en respectant au minimum 25 % d’heures en centre et la réglementation du certificateur.
💡Notre conseil
Notre logiciel de gestion met à votre disposition plus de 4 713 référentiels de certifications enregistrés au RNCP. Vous avez l’embarras du choix !
Un CFA doit également s’assurer de la solidité de son dispositif : qualification des formateurs, besoins éventuels en recrutement, conformité aux prérequis réglementaires à enseigner, en particulier pour les niveaux 4 et au-delà, ainsi que prise en compte des points de vigilance liés aux modalités d’examen.
Selon la filière, il faut déterminer :
• les plateaux techniques spécifiques,
• les durées de mobilisation nécessaires,
• les investissements matériels,
• les normes d’hygiène et de sécurité applicables,
• les éventuels partenariats à développer (entreprises, fournisseurs, collectivité).
Cette analyse permet d’établir un budget réaliste et un planning prévisionnel d’occupation des locaux et de mobilisation des équipements.
💡Notre conseil
N’oubliez pas de communiquer en direction de vos entreprises partenaires autour du reliquat de la taxe d’apprentissage. Un emailing envoyé en novembre via la base de données entreprise peut vous permettre de faire financer du matériel déductible de la taxe restant à verser par les entreprises !
✓ Un calendrier réaliste
✓ Un volume horaire cohérent avec la réglementation de la certification visée
✓ Une équipe pédagogique identifiée
✓ Un budget maîtrisé
✓ Une organisation opérationnelle claire
👉 Créer une nouvelle offre d'apprentissage = un levier de développement pour votre CFA et le territoire
Créer une formation par apprentissage n’est pas seulement un exercice administratif ou réglementaire : c’est un acte stratégique qui peut transformer un territoire, répondre aux besoins croissants des entreprises et offrir à des candidats une voie d’accès aux compétences et à l’emploi, concrète et durable.
Avec une méthodologie solide, des données fiables et un positionnement affirmé, votre CFA peut enrichir son offre et renforcer son attractivité, s’inscrire dans les orientations nationales tout en développant de nouveaux partenariats, consolider sa situation financière et, surtout, accompagner des apprenants vers un avenir professionnel pleinement réalisable.
Un projet de formation, bien pensé, ce n’est pas un simple cursus : c’est un tremplin. Et dans un contexte où les métiers évoluent vite, où les transitions s’accélèrent, et où les entreprises cherchent des compétences immédiatement mobilisables… c’est une formidable façon d’être acteur de son territoire.
Alors, si votre CFA envisage de se lancer : la méthode est là, les outils existent, et les besoins sont bien réels.
À vous de jouer !


